Médecin biologiste PMA
Clinique PMA, lundi 08/09 16h30 :
Nous avons RDV avec le médecin biologiste. Dans la salle d’attente, je commence à stresser. Tandis que l’homme joue à Candy Crush et s’éclate avec les petits bonbons colorés, je décide de me mettre plutôt sur les réseaux sociaux (sympa la sociabilité entre nous vous allez me dire !) et vérifier si mon frère et ma BS sont bien arrivés à leur destination de vacances après 11 heures de vol… mais je n’ai pas la tête à me concentrer. Je vous rassure, mon homme se trouve être une épaule rassurante (et sans smartphone) et je n’ai pas hésité à lui dévoiler mon stress. Je ne sais pas pourquoi je me suis mis une telle pression. Peut être parce que mon dossier médical tient dans 2 gros classeurs et que j’ai un peu la honte de venir avec tout ça.
16h40 : C’est notre tour.
Le médecin biologiste, une femme très douce et très gentille, nous met tout de suite à l’aise. Ouf. Etant donné que mes 2 FIVs se sont déroulées dans cette même clinique, elle avait déjà une vue sur mon dossier. « Mais vous êtes connue ici… on vous connaît même bien… ». « Et oui, malheureusement on va dire…». « On va essayer de comprendre et de trouver une solution ».
Puis, elle nous donne la parole. « J’ai un parcours assez difficile, voilà le topo » : « 2008 : grossesse spontanée sous pilule, curetage ; 2009/2010 : grossesse spontanée, pré-éclampsie 24SA, hellp syndrome, césarienne 25SA, bébé décédé ; 03-2011, grossesse spontanée, fausse couche, curetage 12SA ; 12-2011, grossesse spontanée, fausse couche 10SA ; 05-2012 : synéchies, hystéro opératoire ; 09-2012, grossesse spontanée, fausse couche naturelle 5SA ; 10-2012, grossesse spontanée, fausse couche incomplète, curetage biopsique 9SA ; 03-2013 : FIV#1 classique, grossesse, GEU, salpingectomie gauche ; 09-2013 : synéchies, hystéro opératoire ; 2014 : FIV#2 IMSI, endomètre fin, pas de grossesse(s) suite aux 2 TEV.
Elle note tout. Elle me pose quelques questions, me demande si j’ai un problème de santé particulier. Je lui parle de mes angines à répétition, le rhumatisme articulaire aigu (RAA) que j’ai eu avant mes grossesses en 2009, le streptocoque B positif. Peut être une piste de mes fausses couches à répétition ?
Cette révélation fait tilter la biologiste. Cela mérite d’être étudié. Pour elle je suis « un cas d’étude intéressant ». D’habitude elle rédige un courrier au médecin prescripteur directement après le RDV. Pour nous, elle préfère faire des recherches plus poussées avant de faire son compte rendu.
Et puis, elle nous a rappelé l’essentiel : c’est vrai qu’à la base, nous ne sommes pas éligibles à la FIV, je tombe enceinte naturellement, donc ce n’est pas un problème de fertilité. « Juste » un cas de fausse couche à répétition dont on n’a pas trouvé la cause. La biologiste me demande si mes fausses couches ont été analysées et si les embryons autopsiés. Elle nous explique que même si nos caryotypes sont normaux, il n’est pas impossible que le caryotype de l’embryon le soit. Elle nous expose son savoir (nous dit au passage que faire une biopsie du globule polaire est très compliqué si les caryotypes du couple sont normaux), mais elle nous dit qu’elle ne pense pas que se soit le cas étant donné que mes fausses couches soit tardives. Si c’était le cas, j’aurai fait des fausses couches spontanées, sans avoir une quelconque activité cardiaque. Malheureusement, aucun de mes curetages n’ont fait l’objet d’une analyse de caryotype, au plus grand désarroi de la biologiste. La seule analyse biopsique que j’ai eu c’était après la FC de 2012, mais l’embryon avait été évacué avec le cytotec alors l’analyse ne concernait que des débris placentaires.
Ensuite, lors de ma 1ère FIV, je tombe enceinte. C’est suite à cette GEU, et une trompe en moins, que nous devenons éligibles à la FIV. Sauf que la 2ème n’a pas fonctionné du tout. L’analyse de la biologiste mérite d’être étudiée : je tombe enceinte spontanément ou en FIV classique mais pas en FIV IMSI. Ce qui veut dire que l’œil humain (en IMSI) est moins bon que la fécondation naturelle avec les spermatozoïdes qui se débrouillent tout seul face à l’ovocyte. Elle nous oriente donc plus vers une FIV classique qu’une IMSI. Par ailleurs, elle nous propose de pratiquer une technique de fécondation in vitro spécialement pour nous qui permettrait de limiter le risque de fausse couche, puisque dans ce laboratoire de PMA ils pratiquent beaucoup de techniques différentes.
Malheureusement avant d’entamer un quelconque protocole de FIV, elle m’a ordonnancé quelques autres examens à faire, et je dois me rendre à l’évidence qu’elle a bien raison. Petit clin d’œil à Lulu d’ailleurs car la biologiste m’a parlé d’une biopsie de l’endomètre, à faire avant la tentative, si je ne tombe pas enceinte naturellement avant. Mais avec une seule trompe, la proportion de chance de tomber enceinte reste faible. Je dois faire en complément des examens d’ORL (pour mes problèmes d’amygdalite), de thyroïde aussi (les miens sont trop anciens), d’autant plus que mon taux d’homocysteine était légèrement élevé en 2011. Rien d’inquiétant tout de même, mais vaut mieux surveiller et voir comment évolue le taux.
Nous sommes restés ¾ d’heure dans son bureau, j’ai le sentiment d’être bien prise en charge et d’être comprise surtout.
J’aimerai croire que le pire est derrière nous, mais la PMA nous réserve constamment des surprises (qu’elles soient bonnes ou mauvaises). Pour autant, je me réserve un petit coin de jardin secret, où je m’imagine une vie familiale heureuse avec des enfants en pleine santé… cela aide mon moral à tenir bon.
Petit clin d’œil aussi à Carotte, qui a un parcours aussi difficile que le mien, ponctué de fausses couches et d’échecs de FIV… J’ai pensé à toi…