Pré-éclampsie, hellp syndrome

Publié par Delphine

Voici une définition très bien expliquée du "Hellp Syndrome". Ce que j'ai vécu en janvier 2010 avec le RCIU, les oédèmes, l'hypertension, les douleur au foie, la thrombopénie, l'interruption de grossesse, le sauvetage maternel, la césarienne, mon bébé décédé à 25SA... et oui cette maladie peut (exceptionnellement) aussi avoir lieue au cours du 2ème trimestre de grossesse...

Le Hellp syndrome est une complication de la prééclampsie

Le Hellp syndrome est une complication de la prééclampsie (PE). Aussi appelée toxémie gravidique, cette dernière se caractérise par une hypertension et la présence de protéines dans les urines (protéinurie) au cours de la grossesse. Elle concerne 1 à 3 % des grossesses. "La prééclampsie est une maladie des vaisseaux du placenta qui provoque une réduction des apports en oxygène et nutriments au foetus et induit une atteinte des vaisseaux sanguins chez la mère. Elle peut prendre différentes formes en fonction de sa sévérité et des organes touchés (cerveau, reins, foie...)".

Le Hellp syndrome caractérise l'atteinte hépatique. Il survient dans 5 à 20 % des prééclampsies, soit 0,2 à 0,3 % des grossesses, le plus souvent au troisième trimestre, voire après l'accouchement dans 25 à 30 % des cas.

La prise de sang montre une élévation des enzymes hépatiques (le foie souffre), une thrombopénie (les plaquettes sont utilisées pour réparer les vaisseaux sanguins abîmés), une hémolyse intravasculaire (les globules rouges sont de forme anormale, abîmés et/ou détruits). Le Hellp syndrome est souvent diagnostiqué lors de la surveillance d'une prééclampsie.

Des manifestations parfois peu caractéristiques

Le Hellp syndrome étant une complication de la prééclampsie, c'est d'abord cette dernière, ou son aggravation, qu'il convient de repérer. Le Pr Pottecher relève la présence d'oedèmes qui apparaissent brutalement et ne se limitent pas aux membres inférieurs : "Le visage, les mains et les doigts sont enflés, la prise de poids est relativement importante." Il existe cependant des prééclampsies sévères sans oedèmes...

Le spécialiste poursuit : "Parmi les symptômes, on retrouve aussi des douleurs abdominales hautes, en « barre épigastrique », pouvant être associées à des nausées et vomissements. Cependant, ces troubles sont extrêmement variables et souvent interprétés comme de classiques maux d'estomac." Ces douleurs précèdent pourtant de peu les complications, en particulier le Hellp syndrome. Elles sont liées à la formation de microhémorragies pouvant s'accentuer au risque de faire éclater le foie dans les cas les plus sévères (rupture de son enveloppe appelée capsule, heureusement très rare). Certaines femmes présentent également un ictère (plus communément appelée jaunisse).

Le Hellp syndrome peut être accompagné, précédé ou suivi de symptômes caractérisant une atteinte vasculaire au niveau général (hématomes), du cerveau (maux de tête, troubles visuels avec "mouches volantes", bourdonnements d'oreilles, crises convulsives), des reins (oligurie) ou des poumons (oedème aigu). Près de 40 % des patientes ayant un Hellp syndrome ont des complications sévères.

Le Hellp syndrome, risqué pour la mère et le fœtus

Les risques liés au Hellp syndrome sont extrêmement variables en fonction des pays (suivi plus ou moins rapproché des grossesses, moyens disponibles pour répondre aux urgences...). "En France, la mortalité maternelle est très faible, inférieure à 1 %, précise le Pr Pottecher. Elle est principalement liée aux atteintes hépatiques, en particulier aux ruptures de la capsule hépatique."

Du fait des anomalies du placenta liées à la prééclampsie, le foetus peut quant à lui souffrir de retards de croissance in utero et il peut survenir un hématome rétroplacentaire. Ces complications entraînent un risque de décès in utero d'autant plus important que la prééclampsie est sévère. Il est multiplié par 3 à 4 en cas de Hellp syndrome. Le risque de décès in utero n'est par contre pas augmenté si le fœtus conserve une taille normale.

Poursuivre ou interrompre la grossesse...

"En cas de Hellp syndrome, la seule façon d'éviter de trop lourdes complications chez la mère est d'interrompre la grossesse, le plus souvent en déclenchant l'accouchement", avertit le Pr Pottecher. Cependant, la médiane d'apparition du Hellp syndrome est à 32 semaines d'aménorrhée (SA) ce qui signifie que la moitié des femmes présentent un Hellp syndrome avant 32 SA. Interrompre si tôt la grossesse revient à faire naître un grand prématuré avec tous les risques associés (mortalité, handicaps divers...), des risques d'autant plus importants que la naissance a lieu précocement, en particulier dans l'urgence.

L'équipe médicale et les parents se trouvent donc confrontés à un dilemme où il convient de mettre en balance les bénéfices et les risques des deux attitudes (poursuivre ou interrompre la grossesse) pour la mère et l'enfant. La décision se prend en fonction de l'âge gestationnel, de la sévérité du Hellp syndrome et de l'état du foetus.

"Avant 30 et même 34 SA, les risques liés à la prématurité sont importants pour l'enfant. La mère est hospitalisée dans une maternité de niveau 35 pour tenter de gagner quelques jours et favoriser la maturation pulmonaire du foetus par des corticoïdes. Une interruption médicale de grossesse est parfois envisagée", précise le spécialiste. Au-delà de 34 SA, l'accouchement est généralement décidé. Il peut avoir lieu par voie basse ou césarienne.

Une fois la grossesse interrompue, la plupart des symptômes s'améliorent rapidement. La surveillance est cependant maintenue durant quelques jours.

Peut-on utiliser certains médicaments ?

La poursuite de la grossesse expose inéluctablement à une aggravation du Hellp syndrome. Les seuls traitements envisageables permettent d'atténuer ses symptômes, notamment l'hypertension artérielle pour limiter les complications chez la mère et le fœtus.

"Nous avions beaucoup espéré des corticoïdes qui sont donnés à la mère pour favoriser la maturation pulmonaire du fœtus, remarque le Pr Pottecher. Cependant, s'ils améliorent certains des symptômes associés à la prééclampsie, en particulier l'hypertension artérielle et le manque de plaquettes, ils ne diminuent pas le nombre de complications maternelles ou foetales".

Quelles précautions prendre pour les futures grossesses ?

Le risque de récidive de la prééclampsie lors d'une future grossesse est globalement assez faible puisqu'il concerne moins d'une femme sur dix. Cependant, il est d'autant plus important que la prééclampsie s'est déclarée précocement et/ou a donné lieu à des complications. Après un Hellp syndrome notamment, une femme sur deux risque de présenter à nouveau une prééclampsie, souvent de façon précoce. Parmi elles, certaines auront à nouveau des complications, dont une sur cinq un Hellp syndrome.

"Dans certains pays, les femmes à risque sont supplémentées en calcium mais cela ne serait utile qu'en cas de déficit, observe le Pr Pottecher. En France, nous insistons davantage sur l'utilisation de l'aspirine aux premier et deuxième trimestres de la grossesse." La mise en place d'un tel traitement se discute au cas par cas, les femmes ayant déjà eu une prééclampsie devant être régulièrement suivies par un gynécologue-obstétricien en cas de nouvelle grossesse.

A noter que plusieurs études montrent un risque augmenté de prééclampsie en cas de travail stressant et/ou difficile physiquement, tandis que les loisirs et une activité physique modérée régulière ont un effet protecteur.

Y a-t-il des facteurs de risque associés au Hellp syndrome ?

Hormis le fait d'avoir déjà eu une prééclampsie ou un Hellp syndrome, plusieurs facteurs de risque ont été mis en évidence, à commencer par les antécédents familiaux (survenue d'une prééclampsie chez la mère, une grand-mère, une soeur...). Certaines ethnies seraient également plus à risque.

La prééclampsie est aussi plus fréquente, et souvent plus sévère, chez les femmes qui n'ont jamais eu d'enfant ou qui ont changé de partenaire, ainsi que chez les couples récents ou qui utilisaient des préservatifs avant la grossesse... "Les mécanismes à l'origine de la prééclampsie impliquent très certainement des facteurs immunitaires, remarque le Pr Pottecher. Le contact avec les gènes paternels (via le sperme) semble créer une accoutumance qui améliore la tolérance vis à vis du foetus."

L'âge maternel élevé, les grossesses multiples et certaines maladies, notamment l'hypertension artérielle, les pathologies rénales chroniques, le diabète insulinorésistant, l'obésité... sont d'autres facteurs de risque.

Source :

http://www.doctissimo.fr/html/grossesse/patho_femme_enceinte/15512-hellp-syndrome.html