15 octobre: journée internationale de sensibilisation au deuil périnatal

Publié le par Angediles

Sensibilisation à quoi ?

Je n’avais jamais jamais entendu parler de deuil périnatal avant le 23 janvier 2010. Bien sur, j’avais entendu parler de fausses couches, de malformations, de maladies. Mais j’ignorais qu’un bébé pouvait mourir avant même de vivre sa vie. Ce n’est pas dans l’ordre des choses.

Bien entendu je ne savais pas qu’un jour cela pourrait nous arriver. On croit toujours que cela n’arrive qu’aux autres…

Notre bébé grandissait dans mon ventre, bougeait. Je découvrais les joies de la maternité. Et puis un jour, mon corps m’alerte : hypertension, douleurs épigastriques, et un interne des urgences nous annonce le pire : hellp syndrome, on doit procéder à un sauvetage maternel. Notre fils n’a pas survécu à la césarienne : trop petit, trop frêle, pas assez mature.

Je ne crois pas qu’avoir été sensibilisés au deuil périnatal ou à la prévention de pré éclampsie aurait attenué notre douleur. Je ne crois pas qu’avoir su que ça existait, que ça pouvait arriver, aurait changé quoi que se soit.

En ce sens, je ne crois pas que cette sensibilisation soit utile.

En revanche, là où elle est nécessaire, c’est pour aider les gens à prendre la mesure de ce qu’est un deuil périnatal. Nous avons eu la chance d’être très entourés par la famille, les amis, le personnel médical. Pour autant, certaines réactions, certaines phrases m’ont fait très mal tellement elles étaient maladroites. Cela révèle un manque d’information sur le sujet.

« Vous ne l’avez pas vraiment connu », « c’est pas comme s’il était mort à quelques mois de vie », « il est bien là où il est », « tu es jeune, arrête d’y penser et passe à autre chose », « tu retombera enceinte quand tu n’y penseras plus », « arrête de te focaliser »…

Sans doute ne peut-on pas réellement prendre la mesure de ce drame qu’en l’ayant vécu soi-même… mais quand même.

Comment peut-on réellement tourner la page et oublier son enfant, celui qu’on a porter à l’intérieur, qu’on a senti bouger. Celui qui est sur notre livret de famille, mais pas dans notre maison. Celui pour qui on a choisi les meubles de sa chambre. Celui pour qui j’ai eu un congé maternité.

Je voudrais que les gens arrêtent de croire qu’en ayant d’autres enfants on oubliera. Les gens pensent peut être qu’en ayant d’autres enfants hypothétiques, on s’en fout. Quant à penser qu’on peut décemment se dire qu’on aura plus de peine s’il avait vraiment vécu, c’est penser qu’on peut mettre des degrés dans la douleur, qu’on peut se consoler qu’en pensant qu’il y a pire. Une grosse connerie, la peine et la douleur ne se mesurent pas.

Malheureusement cette perte devient l’une des parties les plus importantes et marquantes de notre histoire. Alors on continue à avancer. Nous pensons toujours que la roue tournera, malgré nos essais infructueux pour donner la vie. Notre vie de couple en prend un coup, mais on s’accroche. 5 FC ont suivi : tout aussi traumatisantes, une douleur qui n’est pas à prendre à la légère. « tu t’en remettras, tu as vécu pire » « tu ne le sentais pas encore bouger » « 3 mois c’est rien à côté d’un 6 mois »…

On a pas perdu un objet ni un animal, on a perdu un enfant. On ne peut pas tourner la page, on ne peut pas et on ne veut pas oublier. S’il y a bien une chose qui aide les parents à se reconstruire, c’est le soutien qu’ils reçoivent et de voir que pour les autres aussi, c’est grave.

Le 15 octobre, c’est la journée de sensibilisation au deuil périnatal. Alors à mon échelle, j’essaie de faire avancer les choses.

Et j’en profite pour avoir une grosse pensée à Léo, qui me manque tant et me rend forte à la fois. Merci à toutes et tous du soutien apporté au quotidien.

Des symboles...

Pour montrer son soutien aux parents, ou pour montrer qu'on a perdu son nourrisson, un symbole a été créé, le ruban rose et bleu. On le retrouve fréquemment sur les réseaux sociaux mais aussi de manière moins virutelle à l'occasion de certaines manifestations.

Un autre symbôle a aussi fait son apparition : les nourrissons ainsi décédés sont fréquemment appelés "anges" et leurs parents des "paranges" (ou encore pour les papas "papanges" et pour les mères "mamanges").

15 octobre: journée internationale de sensibilisation au deuil périnatal

Publié dans Léo, Deuil périnatal

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M
A part toi, je connais 2 personnes qui ont vécu ce deuil et qui ont pu inscrire l'enfant sur le livret de famille. Je pense en effet que c'est une avancée très importante. Ces deux autres personnes ont d'autres enfants mais jamais n'oublieront la douleur et l'enfant perdu. <br /> Pour les FC précoces, certaines personnes ne comprennent pas à quel point l'enfant existe dès le test de grossesse, et même très longtemps avant le test de grossesse (surtout pour les pmettes). Il existe psychiquement même si on ne l'a jamais senti bouger.
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A
Les mots sont justes merci de continuer a transmettre et a ecrire ce que les parents n' arrivent pas toujours a exprimer .<br /> Tous mon soutien et mes pensées .
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L
J'ai du mal à trouver les mots tellement j'ai le coeur serré et les yeux mouillés... Merci.
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A
Oh ma Lulu, je ne voulais pas t'embrumer les yeux... <br /> J'ai eu du mal à me remettre de ce deuil, encore maintenant je vis avec, et tout le reste de ma vie aussi.<br /> A une époque, les parents qui perdaient un bébé étaient incompris: pas de déclaration sur le livret de naissance, rien. Les choses évoluent maintenant de plus en plus.<br /> Bises
B
Merci pour cette précieuse information, merci pour ce relai sur cette journée. L'image du cercle est très parlante, la question de l'adaptation/résilience qui y apparait aussi. En tout cas, je pense bien à toi et à Léo. A tous tes espoirs également. Pleins de douces pensées. Bises.
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A
Merci pour ton soutien bounty caramel, il y a tellement d'inconnu, il faut laisser tomber les taboo.. c'est malheureusement valable aussi pour la réalité PMA.<br /> Bises