2ème grossesse: Fausse couche (12SA)

Publié le par Delphine

Après ma césarienne en janvier 2010 j’ai du attendre un certain temps avant de recommencer les essais bébé. Les médecins préconisaient d’attendre minimum 6 mois pour retenter. Nous avions décidé de reprendre les essais au bout de 4 mois (mai 2010) pensant que nous aurions une bonne nouvelle durant l’été 2010. J’étais toujours en congé maternité et je rêvais de retomber enceinte avant la reprise du travail, histoire que cela soit moins dur à supporter.

Malheureusement je ne suis pas tombée enceinte (et oui dame nature n’était pas décidée). J’ai traversé des longs mois de pyschotage, j’ai cramé des dixaines d’euros dans les tests d’ovulation et les tests de grossesse, et au final j’avais toujours une déception.

Durant cette période Google était mon ami : courbe de température, ovulation, nidation, booster la fertilité… je suis maintenant calée !

J’ai aussi investi les forums de discussion. J’ai trouvé notamment chez Césarine une écoute et un soutien qui m’ont aidé à prendre confiance en moi-même et surtout qui m’ont permi de voir que d’autres femmes étaient dans le même cas. J’avais eu une césarienne et je pensais que si je ne tombais pas enceinte de suite comme pour Léo c’était à cause de ça.

Au mois de mars, ma courbe de température présentait un beau pic. Et cette fois, MIRACLE, le 27 mars mon test devient +++. Quelle joie après ces 10 mois d’essais ! Malgré l’angoisse que cela allait apporter, cette grossesse était tellement désirée que nous étions aux anges avec mon mari.

Nous ne doutions pas que quelques mois après tout serait terminé. Encore cette innocence et cette naïveté malgré ce que l’on venait de vivre : Non, la foudre ne pouvait pas taper deux fois au même endroit !?

La grossesse commencait par des pertes brunes. En fouillant les forums de grossesse, et il semblerait que ces pertes, si elles ne sont pas rouges, ne sont pas inquiétantes. Ma gygy de ville Dr G. m’avait tout de même mise en arrêt étant donné mes antécédents et m’a envoyé me faire suivre au CHU par le Dr. B celui qui m’a fait la césarienne. Ma 1ère écho de datation était prévue à 9 SA. J’avais tellement hâte de le voir !

J’étais sous traitement ASPEGIC NOURRISSON 100mg pour éviter la récidive de pré-éclampsie, mais à ma grande surprise, le Dr B. n’a pas prévu un suivi « spécial » grossesse à risque comme il le prétendait. A part l’arrêt de travail (non obligatoire), il disait que la grossesse serait beaucoup plus suivie à partir du 4ème mois mais pas avant.

Lors de mon écho de datation des 9 SA, j’avais beaucoup d’angoisse et tout me passait par la tête : et si c’était un œuf clair ? et si je faisais une fausse couche. Je pense qu’on a toutes eu plus ou moins cette pensée à ce stade de grossesse.

Non…, cette grossesse n’était pas aussi sereine que la 1ère... Quand on a vécu le pire on ne pense toujours qu’au pire…

Quelle belle surprise quand enfin l’écho nous présente notre petit bout ! qu’il est beau, on voit déjà ses membres qui se développent, son cœur clignote et mon esprit s’apaise.. je me sens tellement soulagée !

À 10 SA j’ai mon rdv de suivi au CHU par Dr B. : tout se passe bien, pas de suivi particulier, pas de bilan sanguin, pas d’écho non plus… Je suis étonnée étant donné que j’ai déclaré tout de même un hellp syndrome rare au cours du 2nd trimestre de grossesse.

C’est carrément différent de ce qui nous avait été dit 1 an auparavant, mais bon… nous acceptons et je me dis que je n’aurai pas à me déplacer autant que je ne l’aurais cru.

L’écho du 1er trismestre (habituellement prévu à 12SA) m’a été prescrit à 13SA. Il fallait donc attendre encore 3 longues semaines, pendant lesquelles les petits désagréments de la grossesse se font sentir : nausées, mal au dos, odeurs insupportables, fatigue.

Mon échographie était prévu pour le 23 mai 2011 et j’avais hâte d’y être. Le week end juste avant, mon mal de dos s’était intensifié, avec un mal de ventre atroce. C’était un peu la panique. Le jour de l’échographie, j’ai des pertes légerement rosées.

Arrivée pour mon RDV d’écho au CHU je croise le Dr B. dans le couloir et me demande si tout va bien. Bien ? non pas trop… j’ai des pertes roses… « Ne vous inquiétez pas Madame ! cela arrive, c’est surement le placenta qui se met en place ! A tout à l’heure pour l’écho avec la sage femme ! »

Ca y est c’est enfin notre tour après 1 bonne heure d’attente et 2 aller-retours aux toilettes. Je m’installe et la sage-femme me pose des questions concernant mon dossier. NOn ce n'est pas ma 1ère grossesse, oui j'ai bien eu un hellp syndrome et le bébé n'a pas survécu, oui c'était un garçon, oui c'était à 25SA... Des questions encore dures à entendre mais c’était pour remplir les papiers. Elle avait commencé à remplir la déclaration de grossesse pour la sécurité sociale.

Puis elle commence à me faire l’écho. Mon mari me tient la main. Dès l’instant ou l’image apparaît sur l’écran, j'ai tout de suite vu qu'il y avait un problème: Mon bébé ne bouge pas et il n’a pas la taille d’un bébé de 13 SA. La sage-femme cherche l’activité cardiaque : il n’y en a pas. Elle est confuse, elle me dit qu’elle est désolée. Et moi je suis restée figée. J’osais à peine regarder mon mari, je lui tenais toujours la main, mais je n’avais plus de force, et je sentais mon cœur se briser en mille morceaux. Il m’a fallu quelques secondes pour réaliser que tout était fini.

On nous annonce ensuite que le cœur de notre bébé s’était arrêté vers la 10ème semaine, soit juste après l’échographie de datation. Le verdict tombe: GROSSESSE NON EVOLUTIVE (GNE)... autrement dit une fausse couche....

Mon bébé ne vivait plus, il était mort dans mon ventre depuis plus de trois semaines, et moi je ne m’en étais pas rendue compte... Je pleurais, je ne voulais plus voir personne, je voyais bien que je faisais de la peine à la sage-femme et je detestais qu’on me regarde avec pitié. Je regardais dans le vague, je n’existais plus, je n’avais plus envie de rien.

Je devais passer aux urgences. Nous avons attendu 1 heure dans la salle des urgences sans que personne ne vienne. Mes larmes coulaient, mon mari essayait de me remonter le moral mais lui aussi était malheureux en plus de se sentir impuissant. Après une heure d’attente, un médecin arrive et au vu de mon dossier et des quelques pertes de sang que j’avais eu le matin même, les médecins pensent que la fausse couche « naturelle » a débutée. Ils me donnent donc du cytotec, un médicament qui provoque des contractions utérines pour expluser l’embryon, puis une échographie de contrôle à faire la semaine suivante pour voir si tout est parti.

Le CYTOTEC, parlons-en de celui là ! c’est horrible… ça me donne envie de vomir, ça me rend malade, et ça me provoque des vives douleurs dans le ventre. Je perds du sang en quantité. Au bout de 4 jours, je crois voir apparaître ce qui pouvait correspondre à l’embryon… Ca y est je pensais vraiment que c’était la fin. Mais non c’est pas fini…. Lors de l’échographie de contrôle du lundi suivant, on s’aperçoit que l’embryon et la poche n’avait pas bougé. Ce fameux Cytotec, à part me donner des douleurs atroces, n’avait servi à rien. Aux urgences de l’hôpital, les médecins me programment donc un curetage pour le mecredi 1er juin.

En attendant la date du curetage, je vivais avec un bébé mort dans mon ventre, et j'avais tous les désagréments de femme enceinte. J'avais honte, je voulais qu'il parte vite pour tout recommencer. Je voulais passer à autre chose: qu'on en finisse... (quelle honte de penser à son bébé ainsi...)

Un curetage sous anésthésie générale, un acte que j’aurai voulu ne pas connaître…. J’avais peur que les médecins abîment mon utérus…

La suite de ma vie était vide: mes yeux pleins de larmes, le visage rempli de tristesse, le coeur meurtri, tout cela me rappelait mon fils...

Le sort s'acharnait sur nous, que pouvait-on faire? RIEN...STRICTEMENT RIEN

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